Corporate Finance Advisory and Consulting    © 2013 Hartland Capital - All rights reserved Terms and Conditions | Disclaimer Clement Julhia Analyste politique +44 (0)7 392 322 476 cljulhia@hartlandcapital.com Clement Julhia | Août 2017  L’Union Européenne est plus tournée vers le protectionnisme que le libre-échange  La possibilité de commercer librement avec l’UE est une aspiration importante du gouvernement britannique et d’une  grande partie du peuple dans les négociations de départ et les relations avenir avec le Continent. Pour Bruxelles,  cependant, le libre-échange est loin d’être la norme quand il s’agit des relations commerciales avec des pays non-  membres.  Il y a trois sujets économiques essentiels sur lesquels la politique de l’Europe en fait un bloc protectionniste. Le  premier concerne la règlementation sur la qualité des biens et services qui entrent dans l’Union ; le deuxième les  droits de douane et les quotas et le troisième est une conséquence de la monnaie unique.  Le poids de la règlementation  La Commission et le parlement à Bruxelles imposent régulièrement des règles qualitatives sur les biens et services qui  peuvent être vendus dans sa juridiction. Elles sont réparties en quatre catégories selon la Commission :  règlementations sanitaires, environnementales, techniques (surtout sur la sécurité) et les standards de qualité du  marché pour lesquels l’Europe a les règles parmi les plus exigeantes au monde. De plus, le coût de ces règles sur les  entreprises est très élevé; on l’estime à environ 33 milliards de livres en mars 2015 pour le seul Royaume-Uni. Si un  fournisseur étranger estime que le coût est trop haut, il choisira de ne pas assumer un tel coût pour adapter son  processus de fabrication aux standards européens.  Une grande partie des règlementations de l’Union ajoutent à la protection déjà énorme du secteur agricole car elles  contiennent des clauses contre les OGM, par exemple, qui sont fréquents dans d’autres parties du monde. Notamment,  c’était un des différends qui ont empêché les discussions sur l’accord extensif de libre-échange avec les Etats-Unis (le  TAFTA) de se poursuivre.  Les droits de douane et les subventions dans l’Union Européenne  Selon la définition la plus simple du protectionnisme, l’UE en satisfait les critères puisque les entreprises qui  importent vers un de ses membres doivent payer un droit moyen de 1.6% selon la Banque Mondiale. Notez que ceci est  un taux moyen et non universel. Par exemple, les textiles produits en Chine – pour prendre l’exemple d’une  importation typique venant d’une grande économie – sont sujets à un droit de 4% et les voitures chinoises peuvent être  facturées à la douane à 5%, voire 10%, et de même pour les voitures américaines.  Si le taux moyen est si bas alors que les droits sont si hauts sur certains biens communément vendus, c’est parce que  l’UE utilise un système de quotas par lequel chaque état non-membre a droit à une quantité donnée de biens à  importer sans droits de douane, ou à un taux réduit. Ces quotas d’exemption sont négociés avec chaque état,  montrant qu’à Bruxelles, le libre-échange est l’exception et non la règle.  La mesure la plus protectionniste dans l’UE reste la Politique Agricole Commune (PAC), qui contient des clauses  prévoyant des droits à un taux moyen de 20%. En plus de cela, les paysans européens sont subventionnés à un niveau  tel que les subventions de la PAC ont représenté 39% du budget total de l’UE en 2013.  De plus, la Commission utilise ce qu’elle appelle des Instruments de Défense Commerciale contre la concurrence  étrangère qu’elle considère injuste soit parce qu’elle est excessivement subventionnée ou à cause du dumping, c’est-  à-dire quand un fournisseur vend à l’étranger pour moins que le prix dans son propre pays, souvent à perte. Dans les  deux cas, la Commission propose de répondre en imposant un droit de douane qui annulera les gains réalisés par  l’importateur grâce aux subventions ou au dumping.  Enfin, il faut s’intéresser au cas de sanctions économiques imposées à des pays étrangers pour des raisons politiques.  Le meilleur exemple est celui de la réaction européenne à l’annexion de la Crimée. Elle a alors imposé une  interdiction totale sur beaucoup de produits alimentaires, sur des compagnies d’énergie et sur des banques russes.  Le protectionnisme et la monnaie unique  L’effet de l’euro sur l’ouverture commerciale européenne est plus subtil et nuancé. D’abord, il ne s’applique qu’aux  états membres qui sont dans la zone euro, mais après le départ du Royaume-Uni ce sera le cas pour toute les grandes  économies de l’UE, et même parmi les pays qui utilisent l’euro, l’effet sur leur commerce n’est pas toujours le même.  La valeur naturelle d’une monnaie avec un taux de change flottant comme celui que nous avons actuellement dans le  monde est déterminé par sa balance commerciale (BC). Brièvement, les exportations sont plus faciles avec une  monnaie bon marché et vice-versa ; en même temps les exportations font s’apprécier la monnaie à cause de  l’augmentation de la demande et vice-versa. Par conséquent la valeur à terme d’une monnaie augmente quand la  balance commerciale s’améliore et décroit quand la balance se détériore. Cela veut dire que les pays de l’UE qui ont  une BC supérieure à la moyenne européenne ont une monnaie moins chère que ne serait leur monnaie nationale.  L’excédent commercial moyen de l’UE est de 0.8% alors que celui de l’Allemagne est de 18% et 20% pour les Pays-Bas.  Donc, des producteurs Allemands ou Néerlandais, qui peuvent vendre leurs produits à l’étranger a un prix inférieur à  ce que leur BC devrait permettre, font face à une concurrence étrangère dont les importations sont artificiellement  chères.  La situation inverse existe pour les pays de l’UE dont la balance est moins bonne que la moyenne, comme l’Espagne ou  la France, mais il est important de noter que les institutions européennes créent une forme de protectionnisme basée  sur l’arithmétique du taux de change dans le cas de ses économies les plus réussies.  En somme, les règlementations de l’UE, les droits de douane et la monnaie font du protectionnisme l’approche  standard pour les relations commerciales entre l’Union Européenne et le reste du monde, même s’il est important de  garder à l’esprit que la compétitivité artificielle au sein de l’UE n’est pas homogène entre les membres ou les  secteurs.  Bienvenue Conseil M&A Risque Politique Equipe Contact